CR Paris – Le Val-André en non-stop en vélo. Par Lorenzozo
Départ prévu le 11 juillet 2005 à 16h depuis la Porte d’Auteuil.
Le principe de ce périple est de rallier en non-stop depuis Paris le Val-André situé en Côtes d’Armor en passant uniquement par des petites routes et en évitant donc toutes les grosses départementales ou nationales.
Nous sommes deux au départ, Arnaud et moi-même.
Arnaud me rejoint chez moi vers 16h.
Arnaud a pris son ancien vélo de triathlon un Peugeot de course en acier. De mon côté, je suis fidèle à mon Scott qui sort du Raid VTT des Monts d’Ardèche sans trop de casse et maintenant équipé de pneu route. Par contre, je n’ai pas pu récupérer ma fameuse selle Brooks tout en cuir, je dois donc partir avec une selle italienne qui a pour particularité de bien me faire souffrir…Au niveau équipement, Arnaud emporte un sac d’une trentaine de litres, bien chargé avec des affaires de rechange pour les jours suivants en Bretagne, ce qui fait qu’il doit porter un poids d’environ 5kg sur le dos.
Pour moi, Camel Back standard avec 24 barres et 2 litres d’eau sans compter le petit matériel de secours ainsi que l’équipement nécessaire pour la nuit (frontale, jambières brassières, Buff, piles de rechanges…).
Nous prenons un peu de retard et vers 16h45 nous sommes partis. La sortie de Paris se fait tranquillement par le Pont de Sèvres puis en remontant vers Versailles, Buc, Chateaufort et enfin Chevreuse qui est le point de départ de nos cartes. Il fait relativement chaud mais nous avançons à un rythme convenable un peu au-dessus de 23 de moyenne.
Nous faisons une première pause pour acheter un peu de pain et un Coca puis nous repartons pour rentrer en Beauce. Vers 22h30, nous nous arrêtons pour faire le plein à une fontaine et monter le matériel de nuit (Frontale, brassard lumineux). A partir de maintenant et jusqu’à 6h du matin nous ne les quitterons plus. Nous nous alimentons rapidement aussi et les Bretzels d’Arnaud sont les bienvenus pour moi qui ai fait l’erreur de rien prendre de salé. (Si vous voulez faire plaisir à Arnaud, offrez-lui des Bretzels ;-)))))
La nuit tombe lentement, Arnaud fait l’orientation depuis le début et la fera jusqu’au bout. Il sera aussi toujours devant à rouler comme un métronome dont j’aurai un peu de mal de plus en plus à suivre le rythme.
A minuit, la température est agréable, la nuit est complètement tombée, la Beauce avec ses odeurs des blés fraîchement coupés se déroule sous nos yeux.
Minuit arrive, il fait plus frais, un coup de barre rapide est passé vers 23h. Lors d’un arrêt pour vérifier notre route, je m’étale lamentablement à cause d’un développement trop important pour repartir. Me voilà bon pour une bonne douleur au mollet gauche qui ne me quittera pas. Cela fait ressortir une fatigue déjà importante pour moi.
On décide de s’arrêter vers 1h du matin devant une église pour enfiler les vêtements chauds, il fait franchement un peu froid. Je descends mes barres à une vitesse vertigineuse, les 27 emportées vont faire à peine la nuit… vivement la première boulangerie qui deviendra une obsession au fil de la nuit. Heureusement les Bretzels sont là, VIVE LES BRETZELS !!!!!!
Nous repartons doucement en réalisant la première coupe dans l’itinéraire, résultat nous devons rouler pendant quelques kilomètres sur une nationale de nuit, pas génial comme idée. Nous l'abandonnons rapidement pour retrouver la tranquillité des petites départementales désertes, seuls les yeux des chats luisant dans la nuit nous tiennent compagnie.
La fatigue commence vraiment à se faire sentir mais l’aube n’est pas loin. Les premières lueurs annonciatrices remontent un peu le moral. Vers 5h on s’arrête dans un cimetière pour refaire le plein d’eau. En se regardant avec Arnaud, nous ressentons la même chose, comme un grand moment de solitude alors qu’il nous reste encore 14h d’effort à fournir… Mais nous n'avons réveillé personne au final, les morts sont des voisins vraiment calmes.
Après cette pause, on craque vers 6h pour une autre pause sur un trottoir. Là, en s’appuyant contre le mur d’une maison, nous volons un petit quart d’heure de sommeil qui est vraiment le bienvenu. Je ne vous décris pas la scène mais nos jambes dépassaient un peu du trottoir, cela faisait vraiment les clodos appuyés au mur en train de cuver. Heureusement les vélos étaient là pour sauver l’honneur. J’en profite pour engloutir la conserve de riz au lait que je transportais depuis le départ. J’ai pu apercevoir un villageois qui nous regardait bizarrement, il y avait de quoi.
Nous repartons, vaille que vaille. Quelques kilomètres plus loin, nous tombons enfin sur le premier café d’ouvert. La question ne se pose même pas, nous nous y engouffrons en pensant déjà à l’énorme chocolat chaud nous y attendant. Là, grosse déception, la patronne ne trouve rien de mieux que de nous servir son putain de chocolat (excusez-moi l’expression mais sur le moment cela fait mal ;-))) dans une toute petite tasse à café…no comment.
Nous nous réchauffons dix minutes dans ce café après cette nuit qui s’est avérée plus fraîche que nous le pensions au début. Nous repartons après avoir fait un tour à la Boulangerie d’en face. Le temps reste couvert et très brumeux, la température ne monte pas, il faudra attendre presque midi pour enlever nos vêtements de nuit.
Commence alors un véritable calvaire pour moi. Nous rentrons dans le Parc Régional de Normandie… En traçant le parcours je n’avais pas fait attention au relief. Cela n’arrête pas de monter et descendre, je suis complètement à la rue alors que je vois Arnaud qui avance presque comme si de rien n’était. Mon moral est au plus bas, chaque côte est une souffrance. Nous nous en extrayons au final en arrivant sur Mortain. Je réclame alors une grosse pause, profitant ainsi des commerces pour faire le plein en pain, jambon, taboulé, coca, fromage et twix. A partir de là nous décidons de couper franchement dans l'itinéraire. Cela commence par une départementale puis une nationale qui nous font sortir de la carte mais Arnaud gère cela de manière magistrale pour nous faire retomber ensuite sur l’itinéraire prévu.
Cette coupe nous permet de découvrir le Barrage de Vezins, un beau point de vue avec encore une pause histoire de faire le plein de Coca, il est maintenant 12h30 et il faut avancer si nous voulons arriver dans les temps.
L’arrivée à Pontorson se fait dans les délais prévus vers 13h50. A l’entrée de la ville, nous faisons un point pour voir comment couper au plus rapide à partir de maintenant. Il nous reste encore 4 heures d’effort environ. Il commence à faire un peu chaud. Nous repartons en évitant Dol de Bretagne pour passer la Rance le plus vite possible, c’est-à-dire avant 16h. Finalement, nous passons la Rance vers 16h30 alors qu’Arnaud a failli se faire faucher par un petit vieux très inattentif, si proche du but cela aurait été dommage. Au premier cimetière croisé je fais un stop pour ravitailler en eau alors que j’ai perdu de vue Arnaud qui continu son petit bonhomme de chemin.
Il nous reste environ 40 km à faire et nous devons arriver impérativement avant 19h. Vers 17h20 nous passons Plancoët, encore 27km, bizarrement le ciel est bas et il fait presque froid. Le but est proche, les derniers kilomètres sont un calvaire, je dois m’arrêter pour engloutir un peu de pain puis je rejoins Arnaud qui lui est à sec d’eau. Cela monte et descend, mais chaque côte est presque la dernière. A 18h50, nous rentrons dans Pleneuf Val-André. Je fais un stop chez le fleuriste histoire de ne pas arriver les mains vides chez mes Parents le jour de l’anniversaire de ma Mère. A 19h10, nous arrivons enfin à la maison, heureux mais explosé. Le temps de prendre une douche, nous filons en famille au restaurant et laissons Arnaud dans les bras de Morphée. Ces bras que je retrouve délicieusement dès que je suis assis dans la voiture au retour du resto. Fin de l’aventure avec 475 km environ au compteur en 26h pauses comprises. Le temps a vélo a été d’environ 22h et la moyenne d’un peu plus de 21,5 km/h. Merci à Arnaud de m’avoir accompagné dans cette galère et de m’avoir attendu autant de fois qu’il y avait de kilomètres. La prochaine fois on tentera de faire mieux ;-))) Avis aux amateurs.