Notre aventure

 

 

Trans’Languedoc-Roussillon

 

 

L’équipe RAID-UP AU FEMININ DANRéseaux : Valérie, Corinne, Yasmin, Sophie et Olivier   

 

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Arrivée en Canoë sur la plage de Villeneuve les Maguelones

 

 

 

231,7 Km totalisés en 3 jours

 

 

 

Assistance matérielle : Vito + remorque + Caisses + Olivier

Départ pour la CO de nuit : Carte Le Bal des rochers.

 

Aucune Crevaison

 

Echauffement avant le Départ en VTT à l’Espérou.

La Trans Languedoc-Roussillon

 

Notre équipe a décidé au mois de décembre 2004 de participer à la Trans Languedoc-Roussillon, un raid multi sports de trois jours, qui consiste à traverser cette région en partant de l’Espérou (près du Mont Aigoual) pour arriver près de Montpellier à Villeneuve les Maguelones, soit un maximum de 289 Km à parcourir en VTT, en course à pied, en canoë-kayak et en escalade, le tout en orientation.

Nous entamons alors un long travail de préparation, aussi bien matériel que physique. La logistique est impressionnante, nous faisons beaucoup d’envieux avec notre VITO et la remorque. Nous sommes assez bien équipés et encadrés, grâce à notre assistant de choc : Olivier, qui nous aide à tous points de vue.

Quelques partenaires décident de nous suivre dans l’aventure : DAN Réseaux grâce à une aide financière remarquable, ainsi que le FNDS et SILVA, ORIENTSPORT, JACKY CYCLES par des dons et prêts de matériel. Leur soutien nous a ainsi permis de nous aligner sur la ligne de départ dans de bonnes conditions. Un grand merci.

Tout est fin prêt ou presque lorsque 10 jours avant le départ, une équipière se blesse, nous cherchons alors une remplaçante, la tâche ne s’annonce pas facile. Mais Corinne à J-3 nous fait le plaisir de se joindre à nous. C’est parti : RAID-UP AU FEMININ DAN Réseaux est au complet en pleine forme et super motivé.

 

 

 

 

 

 

JOUR 1 : jeudi 28 avril

 

Etape 6 de la Transmassif: L'Espérou (30) / Sauclières (12) / Le Caylar (34).

 

Départ 8h30 (soit 1/2 heure plus tard que les raideurs de la transmassif) pour 40 Km de VTT.


VTT (40 Km) : Valérie (V), Sophie (S), Corinne (C), propos de Valérie

 Nous partons bille en tête aspirées par le peloton, nous avons au préalable été tout en nous échauffant reconnaître un peu le terrain sur cette section VTT, afin de bien se caller sur la carte pour l’orientation. D’emblée le terrain est très caillouteux, Corinne qui est très à l’aise dans les portions techniques en VTT part devant avec le carton de pointage pour valider la première balise. L’équipe se regroupe alors lors de la première montée, qui se fera à pied pour tous les raideurs :  « ça fait 5 minutes que nous sommes partis et nous avons déjà les jambes qui brûlent, ce n’est pas bon signe ! ». Nous enchaînons alors des passages très agréables dans des petits sentiers escarpés, l’orientation n’est pas évidente et le rythme un peu rapide pour suivre avec précision ! Nous arrivons alors à une balise certainement la N°2, super enthousiaste Corinne se précipite pour la valider, mais pas de chance c’était l’optionnelle, nous rectifions sur le tas : « elle est trop rapide Corinne ! ». Ainsi, le point positif est que nous sommes recalées sur la carte. Cela nous a alors permis de faire pratiquement un sans faute par la suite. Nous allons alors enchaîner beaucoup de dénivelé. Nous trouvons notre rythme, très régulier, qui nous permet de doubler quelques équipes qui s’arrêtent fréquemment pour regarder la carte. Arrivées sur les hauteurs, nous prenons conscience de la chance que nous avons d’admirer ce paysage et d’être baigné dans cette ambiance magique du raid, avec une température forte agréable. Corinne nous dit alors : « merci les filles de m’avoir emmener dans cette aventure, je suis super contente d’être là ». C’est réconfortant et motivant pour l’équipe qui repart de plus belle sur une portion roulante à flan de colline, pour enfin arriver à la transition avec environ un quart d’heure d’avance. Nous ne pourrons pas valider le bonus, la barrière horaire est trop haute pour nous pour le moment, mais nous n’avons pas dit notre dernier mot. L’équipe masculine arrivera quelques minutes après.

Yasmin et Olivier nous attendent de pied ferme. Tout est prêt pour le transfert.

 

CO à pied (15Km) : S, Y, C  propos de Sophie

A peine arrivée, nous remplissons de nouveau nos camelbacks, Yasmin et moi prenons le nécessaire pour le rappel et après une dernière vérification du matériel avec les organisateurs nous nous mettons en route. Valérie est restée avec Olivier et nous la retrouverons plus loin à la fin de la CO pédestre pour la dernière section de VTT.

La première partie (3 km) jusqu'au lieu du rappel est non chronométrée, c'est juste une mise en jambe tranquille. Il fait très beau et très chaud.

Ainsi doucement mais sûrement, nous arrivons à l'abîme de saint Féréal, site d'un ancien pénitencier où étaient employés de jeunes détenus et lieu du rappel. Une bonne cinquantaine de mètres de profondeur.
Seulement Sophie et Yasmin ont la chance de pouvoir réaliser cette descente en rappel impressionnante et de goûter le vin et le fromage de chèvre, pendant que Corinne attend toute seule à la sortie du gouffre en mangeant ces barres de céréales, elle rêve d’un bon sandwich au saucisson…

Nous patientons tous à l'ombre parce que le soleil tape fort et pour éviter une trop grosse différence de température lorsque nous descendrons. Pendant notre attente, nous retrouvons l'équipe masculine RAID-UP et discutons stratégie de course.

Une fois équipées, un membre de l'organisation vérifie le tout et nous montre des cocons dans les arbres. Il nous raconte alors qu'il s'agit de chevilles urticantes et qu'il faut faire attention où l’on pose nos fesses,  car elles sont plutôt dangereuses du fait qu'elles diffusent un acide très puissant qui dissout tout (tu as vu alien ???).

Yasmine est la première à descendre, le moniteur lui explique la marche à suivre (bien s'asseoir dans le baudrier, les épaules en arrière et bien camper sur ses deux pieds). Et c'est parti, je suis juste
derrière. Plus nous descendons, plus l'on sent la température qui baisse et c'est de plus en plus beau. Difficile à décrire. En bas, 4 gaillards nous attendent pour nous libérer, puis nous pénétrons dans le gouffre frontal allumé. La veille au briefing, ils avaient parlé d'une surprise pour ceux qui descendraient, en fait il s'agissait d'un morceau de fromage sur une tranche de pain. Puis, nous remontons à la surface par l'escalier dédié à cet effet. C'est très impressionnant.

De retour en haut, nous enlevons nos baudriers et repartons toutes les trois pour les 10 Km de CO pédestre sous le soleil qui donne. Nous récupérons toutes les balises obligatoires, mais aucune optionnelle. Valérie nous attend au bout du chemin qui mène au petit village de la Couvertoirade (mignon tout plein) où nous devons récupérer la dernière balise au coeur même du fort.

 

 

VTT contre la montre (13 Km) : V, Y, C propos de Valérie

Nous nous imprégnons au fur et à mesure de la journée du règlement très spécifique du raid, avec les options à valider, les épreuves spéciales… Concernant le contre la montre, nous n’avons pas trop d’illusion sur nos chances de gagner des points, mais nous avions tord. Nous partons de toute manière « à fond, la tête sur la carte ou dans le guidon, ou presque», nous allons traversé le plateau du Larzac et rencontré des paysages fabuleux : végétation basse, avec des chemins pour le VTT, on se fait réellement plaisir. L’orientation est moins évidente et la carte peu fidèle au terrain, nous perdons un peu de temps pour être sur de la direction et s’est reparti, ça monte, ça descend peu, nous enchaînons les balises, pour rejoindre une ancienne voie ferrée désinfectée. En ligne, nous nous suivons les jambes en feu, il reste peu de distance, il ne faut plus se poser de question et suivre la voie ferrée. L’équipe homme nous double, mais malheureusement pas pour longtemps, car ils vont crever, Yasmin s’arrête pour les aider, mais elle n’a pas sa pompe. Nous continuons, pour arriver dans un tunnel, nous sortons les lampes frontales. « Yasmin  et Corinne, elles sont allumées vos lampes ? , OUI, tu vois quelque chose ! NON et toi, c’est par où !! Suivez moi, mais à pied, c’est plus prudent ! ». Nous voilà pas très rassurées à l’idée de foncer sur un mur et de marcher sur des pierres, dans l’eau… sans rien voir. L’expérience est amusante, mais à petite dose ! Enfin, la lumière !! et peu de temps après l’arrivée et une soupe délicieuse.

 

CO de nuit à pied : V, Y, S  propos de Yasmin

Valérie, Sophie et Yasmin partent pour une course d’orientation de nuit sur la célèbre carte « le bal des rochers », très connu dans le monde FFCO et lieu d’entraînement des plus grands orienteurs : « alors de nuit, c’est prometteur ! ». Valérie a fait une très bonne orientation pendant la journée et donc ce soir c’est Yasmin qui va orienter (toutes les équipes vont partir à une minute d’intervalle). Elles ont une heure et demie pour prendre les balises optionnelles et obligatoires. Valérie prend le merveilleux phare SILVA et éblouit tous les raideurs que l’on croise. Dès que Yasmin voit la carte, elle comprend que ça ne va pas être facile, les organisateurs nous conseillent de prendre du temps pour rentrer dans la carte. En effet, Yasmin (heureusement aidée par Valérie) met cinq minutes pour retrouver le chemin vers la première balise : carte difficile et un photographe qui nous lance une rafale de flashs en pleine figure! Elles prennent des balises sans trop de difficulté. Mais une partie des balises est dans un endroit plein de rochers et de monticules, où les chemins se perdent. Yasmin a vraiment du mal à attaquer cette partie : c’est important de bien s’introduire dans cette zone pour ne pas faire d’erreurs. Encore 10 minutes perdues… On rencontre pleins d’équipes, elles sont la plupart désorientées mais nous, avec un peu de chance on arrive à prendre des balises dans les rochers. On voit l’équipe des garçons de RAID UP, on est contentes car la CO est très dure et on décide d’aller chercher la balise suivante avec eux : erreur ! On n’a pas pu les suivre plus d’une minute…. mais on arrive à s’orienter de nouveau. On arrive en bas d’un rocher de 10 mètres et la balise se trouve en haut. On ne sait pas comment monter et soudain Valérie décide de suivre un groupe de garçons : elle escalade, se fait aider pour monter et arrive à pointer cette balise difficile.  Pendant ce temps Sophie et moi attendons Valérie : on est angoissées, car on ne doit pas se séparer pendant le Raid. Elles regardent le merveilleux  ciel étoilé, Valérie arrive et on se rend compte qu’il fallait qu’on rentre en deux minutes ! On sait déjà que l’on n’aura pas le temps et qu’il nous manquera une balise obligatoire. On est tristes, mais on doit se concentrer pour rentrer le plus vite possible. Heureusement, Yasmin s’est habituée à la carte et au paysage et on rentre en dix minutes en courant le plus vite possible et sans erreurs. Tous les raideurs étaient d’accord pour dire que cette CO était très dure, mais Yasmin est triste quand même : elle a fait des erreurs, alors que c’est dans cette partie que l’on aurai pu doubler quelques équipes. La journée n’est pas finie, il faut encore carter les balises pour le lendemain, la journée la plus dure du raid…

 

Résultats de la journée : 17éme au scratch sur 21 avec 75.6 km parcourus

                                                                                                                       

 

 

 

JOUR 2 : vendredi 29 avril

 

Etape 7 de la Transmassif: Sauclières (12) / Saint Jean de Fos (34).

 

Propos de Corinne

Bungalow à 500mètres du départ:

Réveil 5H45 : nous avons dormi dans un bungalow bien sympa. Mais au réveil, même constat pour tout le monde, après la douce soirée au soleil couchant, « ça caillait grave pendant la nuit!!! » Bonne surprise au petit  déjeuner, nous allons faire honneur à notre filet garni gagné la veille, à commencer par la confiture de pommes au thym. Tout le monde a apprécié cette spécialité du coin... Le départ se prépare tranquillement. Au programme aujourd'hui: pour deux d'entre nous, cela va être plutôt sympa: que de la descente le matin (si l'on fait confiance au papier présentant le dénivelé). Une grosse bosse nous attend l'après-midi pour 15 Km de VTT, mais cela n'est rien en comparaison des 20 Km de trek avec gros dénivelé qui attend nos deux autres coéquipières (sophie et yasmin) pour la section la plus dure prévue en milieu de journée.

 

 

VTT (16Km): S, V, C

Départ groupé pour tout le monde! Nous arrivons tout juste pour le départ, après un repérage laborieux…

Un début assez roulant sur petits chemins de terre, histoire de se mettre en jambes. Certains  sont déjà arrêtés pour crevaisons, comme souvent lors de ce raid. Je sursaute en entendant une explosion devant moi: "j'espère qu'il n'a pas éclaté son pneu...."

Nous ralentissons un moment  en voyant un GR avec barrière: pas de doutes, c'est bien là. Des petits chemins, une grosse descente technique avec singles tracks, un peu trop d'ailleurs: pour une grande partie, tout le monde est à pied. Une partie roulante et montante: voilà Sophie repartie au loin... Elle arrive donc la première au PAC1 pour poinçonner.

 

VTT (8Km): Y, V, C

Nous voilà reparties pour une seconde portion de VTT. Sophie se repose, pour se préparer au futur trek. Yasmin prend le relais: cette section est théoriquement globalement en descente. Ce qui est effectivement le cas. Youpi!!!!!!!! Enfin des portions techniques comme seul le sud peut en offrir. Cela enlève la frustration d'avoir dû laisser la veille des GR sympas pour de grandes pistes roulantes. Là, pas le choix: on est obligés de... s'éclater!!!! Il faut dire que j'ai de la chance, le tout suspendu de Valérie est un cadeau du ciel. Certes un peu lourd, mais la qualité de l'équipement efface ce point faible et pour ce circuit c'est "que du bonheur". On aperçoit sur la route Olivier en train de nous filmer, tandis qu'on se bat à travers les "rochers" sur lesquels on essaie de rouler. On part chercher la dernière balise du VTT, avant d'escalader pour remonter sur la route, VTT à la main. Il me tarde de voir cette montée laborieuse à la caméra!

 

CAP (9,5 Km): Y,V,C

La chaleur commence à se faire sentir. Olivier arrive juste dernière nous, dépose nos caisses en urgence. Bonne transition. On part pour 10 Km de CAP, mais là encore, du plat et de la descente très technique, seul moyen pour moi de rester dans la course: tant mieux! On longe un chemin sur la première partie de la course. On croise pleins d'équipes, chacun à son rythme: certains auront pris des options et en profite pour nous souhaiter bon courage au passage: c'est bien d'être une fille. On passe devant une rivière: la même pensée pour nous toutes: « hum: du canoë, là, tout de suite, ça me dirait bien!!! »Valérie assure bien, elle est restée dans la carte et a évité le piège du "c'est tout droit". Certains mecs commencent à chercher la balise bien trop tôt. Valérie est sure de son coup. On continue. Heureusement  qu'elle m'appelle: dans mon élan, j'avais négligé l'intersection, petit chemin désert... On descend: c'est une fourmilière!!! Tout le monde l'un derrière l'autre parti chercher cette balise, près de la rivière dans un moulin. Plus loin, une intersection discutée la veille au soir: sur la carte, possibilité de couper pour rattraper la route, avec du dénivelé au programme... En fait une falaise et un mur.... On continue donc sur le GR. Toujours aussi beau, toujours en descente, nous longeons une sorte de petit canyon sur un petit sentier très agréable. Arrivée dans le village on cherche le camion d'Olivier. Où est-il??? On voit nos vélos sur le chemin qu'on enfourche. On râle parce qu'on n'a pas nos caisses. On n'a pas pensé un seul instant qu'Olivier aurait peut-être eu du mal à se garer... On repart donc pour la dernière portion de VTT de la matinée.

 

VTT (14Km): S,V,C

Assez rapidement, nous rencontrons une grosse montée à pied, puis nous remontons sur le vélo, et là.... descente très technique. J'en profite pour reprendre mon retard sur Sophie. Je me dis que ça va être un peu dur pour elle dans ces chemins étroits et pierreux à flan de montagne, car moi je m'éclate comme une folle. On l'attend un moment avec Valérie. On aurait su, elle aurait pris de l'avance dès le départ dans la montée. Ah! Ca y est! Elle est là. Cette fois, on décide de rester ensemble, Sophie au milieu essayant de profiter de notre expérience. On y gagne toutes: on avance bien. Un peu plus tard, les chemins redeviennent roulants et Sophie repart de plus belle. On finit tranquillement: Sophie va enchaîner toute la fin du raid. Pendant que Valérie et moi cherchons le saucisson de notre panier garni de la veille, avec fébrilité, Sophie se prépare psychologiquement au trek. On a une pensée pour elles: il est midi, l'heure pour nous de manger, l'heure pour elles de souffrir. Oups!!! Je constate que les filles n'ont pas de montre!!! On file leur donner ce qu'il faut. Et c'est enfin l'heure de nous reposer un peu.

 

 

Pause: V, C

Il ne faut pas traîner quand même... On prend donc le Vitto et on roule, on discute. Mince, il faut bien une heure pour aller là-bas. Le paysage est magnifique, les routes sinueuses. On se demande par où elles vont passer... On va manger. Chouette!!! Des pâtes!!!! Y'a rien de mieux pour te retaper... une femme (?) Quelle chaleur!!! On cherche l'ombre. Les trekkeurs doivent souffrir à l'heure qu'il est. On ne traîne pas trop il faut repartir pour le canoë.

 

 

CAP  (18Km) Sophie et Yasmin sur le trek propos de Yasmin

Après la section de VTT, il y avait 20 Km de course à pied avec 800 mètres de dénivelé positif. On croyait que cette partie consistait en une énorme ascension avec sa descente correspondante, mais la réalité était toute autre… Sophie et Yasmin sont parties autour de midi, sans un nuage dans le ciel bleu, avec tout le Camelback rempli. Yasmin a du mal à se repérer au début, heureusement Olivier va l’aider ! L’heure limite pour les balises option était 14h 30, sans les options : 15h 30. Elles sont confiantes et ont prévu de prendre deux balises options sur la fin du parcours. En sortant du village,  elles mettent vingt  minutes à retrouver la première balise…  « peut être qu’on l’a mal carté ? ». Elles ne sont pas trop inquiètes par le temps perdu, car au moins cinq équipes sont dans la même situation. Elles sont donc montées, ont pris la balise, sont redescendues, puis ont longé une rivière et suivi une vallée. Il y avait des arbres (donc de l’ombre), des paysages magnifiques et le rythme était bon. Des équipes de garçons les attendent de temps en temps : « attend les filles pour vérifier le chemin, elles sont bonnes en orientation ! ». Elles sont contentes et en forme. Elles arrivent à ce qu’elles croient  « l’ascension du jour ». Dans cette partie, les arbres se sont transformés en buissons et le soleil est très fort (30C° à l’ombre). Ça faisait une heure qu’elles sont parties, elles croient encore qu’elles arriveront vers 14h 30. « Regarde le paysage Yasmin… Olivier avait raison, la course à pied est dure mais on a de beaux paysages… », « Sophie, après cette vallée, on va monter et derrière cette colline se trouve la balise, ensuite on rentre! ». Arrivées en haut, elles ont bien trouvé la balise, mais elles n’avaient que vingt minutes pour rentrer, donc elles décident de ne pas prendre de balises optionnelles et de rentrer avant 15h 30 au PAC. Pas un seul arbre, le Camel-back presque vide, elles ont très faim et une descente interminable commence. Pas un seul endroit plat, une descente très raide et que de la caillasse partout, elles glissent et ont mal aux pieds, impossible d’accélérer si elles veulent rentrer sans accidents. Arrivées enfin en bas dans un village une personne de l’organisation leur indique le chemin pour arriver à la balise suivante. Il leur dit qu’il faut remplir le Camel-back parce qu’il reste au moins deux heures de marche et que le parcours qui les attend est sans ombre… Elles commencent à paniquer, car maintenant elles savent qu’elles arriveront vers 16h 30, une heure après la fermeture du PAC !! « J’aime plus les paysages, … pourquoi Olivier ne nous a pas donné du saucisson, je ne peux plus manger de barres, j’en ai marre des cailloux ! mon bâton est cassé ! ». En regardant bien la carte, Yasmin s’aperçoit que ce qu’elle pensait être une descente est en réalité une énorme montée… Elles ne découragent pas, au bord de l’insolation elles commencent à monter une interminable colline. Néanmoins, elles ne jardinent pas sur les balises qui étaient difficiles à trouver. Arrivées enfin en haut, la panique : le chemin qui descend et qu’elles doivent prendre n’existe pas ! Elles regardent partout et décident de prendre l’azimut. Ce n’est pas le moment de prendre des risques, mais elles n’ont pas le choix. Sophie n’est pas très confiante de quitter les chemins et Yasmin s’arrête tous les deux pas pour essayer de se repérer par rapport au paysage. Après une dizaine de minutes angoissantes, elles retrouvent le chemin qui mène vers la balise 15, elles sont heureuses, mais fatiguées. Finalement, une grande descente les attend pour arriver au PAC, maintenant elles peuvent courir un peu et pour la première fois du parcours elles croisent des randonneurs « regarde papa, elles font du ski sans neige » : sans le bâton elles n’auraient jamais pu finir ce parcours. Les quatre derniers Km sur du goudron, elles sont trop contentes de pouvoir enfin courir sur un sol sans cailloux !  Olivier les attend avec la camera, il commençait à s’inquiéter pour elles, elles ont quarante minutes de retard par rapport au temps prévu (15h 30) et toutes les équipes lui ont dit que cette partie était très difficile physiquement et en orientation. Il ne reste presque plus rien à manger, elles prennent tout de même quatre tranches de rôti chacune pour les manger dans la voiture et aller à la rencontre de Valérie et Corinne, qui ont finit la section kayak depuis vingt minutes…

 

 

Canoë (12 Km): V, C propos de Corinne

-Valérie, je crois que tu fais cette partie non?-

La température est toujours aussi élevée. Contentes de faire le canoë, on se prépare. Finalement, les combinaisons ne sont pas obligatoires! On a le droit à une interview de la télévision roumaine. Sympa, mais on appréhende un peu de rater le départ. La journaliste met même le casque de Valérie, mon gilet, et se place sur le canoë. Elle manque même de tomber à l'eau.

-"Vous partez dans 3 min; préparez-vous"nous dise les organisateurs.

-"QUOI???!!!! C'est impossible, elle a mon gilet"

-"Bon, ok, je retarde votre départ; ça vous calme?"

Ouf! Pas le temps de démarrer cette interview donc, tant pis: on veut partir! Le caméraman a dû se faire arroser au passage.

Top, c'est parti!!!

Valérie, spécialiste, me donne des consignes que j'écoute à la lettre.

-"Dis-moi ce que je dois faire et quand je dois arrêter."

-"Tu ne sens pas le courant?"

-"Bein non..."

Je manque de pratique, face à une championne comme Valérie. Mais ses conseils sont précieux et on reste bien dedans. Ca secoue pas mal par moment. C'est génial! au fil du temps, je commence à avoir des sensations. Cool!!! On rattrape même une équipe qu'on ne voyait pas au début. On est fières, même si une double pagaie n'y est pas pour rien. On finit même pas rattraper d'autres équipes, mais on débarque avant. Ai-je dit que les paysages sont superbes???

Personne pour nous accueillir. On s'inquiète. On monte sur la route retrouver les filles. Personne. Quel dégoût! On s'est pressé pour rien. On s'inquiète un peu quand même, on se pose des questions. Certains, arrivés du trek nous racontent la difficulté de l'épreuve: chaleur, orientation compliquée... L'organisation finit par me dire qu'elles sont arrivées dernières du trek. Bon, tout va bien. Au moins, elles ont finit. Je remonte sur la route: elles sont là. Pas trop eu le temps de se reposer, ni de manger. Et hop! C'est reparti! Sophie a l’air épuisée, mais il faut terminer cette journée, car la dernière partie est formidable.

 

 

VTT(16,5 Km): S, V, C propos de Corinne

Départ sur la route, tranquille. Sophie doit se remettre doucement. Tout d'un coup je me demande:

"où ai-je mis le saucisson quand même! Les filles n’ont même pas pu en goûter!!!"

Arrivées sur la place du village de St Guillem le désert, coin magnifique, devant les terrasses des cafés,   nous poinçonnons la balise, Sophie en profite pour se rafraîchir à la fontaine. On compatit. On repart. Ah, ça y est, la voilà la "petite bosse" du graphe. Pas mal quand même. Et on part pour une heure ??? de montée à pied, vélo à la main. Sophie a l'impression de revivre le trek. Pour ma part, ça va plutôt bien: j'avoue que j'ai été bien lotie pour cette journée: pas de cartes à préparer jusqu'à minuit, de la descente, ma spécialité, pas d'orientation de tout le raid... Alors je propose de prendre le VTT de Sophie pour l'alléger un peu. C'est le monde à l'envers. C'est toujours mon VTT qu'on porte d'habitude. Mais là, je suis aux anges: je me sens bien et je peux enfin aider un membre de l'équipe. Ca dure un bon moment. On croise l'autre équipe de Raid-up, ainsi que d'autres équipes. Sophie finit pas m'aider: ça commence à devenir dur. . Elle reprend son vélo, le temps que je récupère un peu. Je le reprends pas pour longtemps, car la voyant 100m devant à pied, je constate que j'ai donné ce que j'avais: j'allais devenir le ralentisseur. On est presque arrivé. Une fois en haut, c'est pour de bon: la descente nous attend. On reprend notre système D car la technique est toujours au rendez-vous. Génial!!!! cette descente est donc la dernière de la journée. Elle va en s'élargissant, sur des pistes roulantes et vues magnifiques. On aperçoit d'en haut une baraque avec piscine de rêve. Hum... On irait bien y faire un petit saut. Sur la fin, on se lâche, surtout les freins. Wouah!!! C'est clair, je veux des freins à disques: vitesse et sécurité....... Arrivée dans le village avec la fanfare. Une soupe bien appréciable. On est contentes d'avoir fini, surtout Sophie je pense.

Nous n'avons pas le temps d'aller au gîte se doucher. Il faut déjà aller au briefing, qui commencera finalement très tard. Un apéro nous est offert. Génial! J'essaie de ne pas abuser (c'est dur!)

Et enfin on mange. Enfin.... pas de pizzas pour nous et le plat principal, c'est... de la seiche avec... de la sauce... Je suis furieuse! Les filles ne mangent pas beaucoup. Je sais déjà que le lendemain va être difficile. Seule Sophie, persévérante, attend jusqu'à 22H30 un plat de pâtes qui tarde à venir.

On part ensuite pour 45 minutes de camion jusqu'à notre gîte.... IL est 23H30. Je vais me coucher dans la mezzanine. Les voix de Valérie, Yasmin et Oliver commençant à peine à faire les cartes s'éteignent dans la nuit...

 

 

Résultats de la journée :  13éme avec 96.5 km parcourus

                                                                                                                       

Classement général :  17éme avec un total de 172.1 km

 

 

 

 

 

 

 

Jour 3 : samedi 30 avril

 

Etape 8 de la Transmassif: Saint Jean de Fos (34) / Villeneuve les Maguelones (34).

 

Après une courte nuit : un briefing des organisateurs tardif, le gîte à ¾ d’heure du départ, le traçage du parcours, une petite douche, nous nous lançons en course à pied sur cette dernière journée de raid. C’est l’inconnu, dans quel état de fraîcheur sommes-nous ? Pour Sophie et moi, c’est la première fois que  nous faisons un raid aussi long, nous découvrons nos limites et nos capacités de récupération.

 

 

             CAP ( 10 à 12Km) : V, S, C propos de Valérie

Nous quittons Saint Jean de Fos en direction de la mer, normalement ça devrait descendre !! Apparemment, cela n’est pas pour tout de suite. En effet, nous passons à côté du pont du diable « magnifique à pleine vitesse », puis nous commençons l’ascension de bon matin. Corinne, spécialiste des descentes, montre quelques signes de fatigue, mais prend un bon rythme en marchant. Je me concentre sur l’orientation : «  pas question de se tromper et de perdre du temps, nous avons 1H 35 pour rejoindre le PAC 1 et valider les bonus ». Nous trouvons la première balise sans grande difficulté, puis nous continuons à monter vers la deuxième. La rouille de la veille se fait sentir, nous n’avons vraiment pas la pêche, surtout Corinne qui « dérouille ». Nous faisons route avec une autre équipe mixte, qui décide de redescendre après cette balise pour faire le parcours minimum. Je suis alors face à un dilemme : « doit-on se lancer sur le parcours prévu avec beaucoup de balises bonus, sans être sûre de rentrer avant la barrière horaire ou doit-on jouer la prudence en faisant uniquement la balise obligatoire et ne jamais décoller du classement ? ». Tout le reste de la montée, je regarde la carte, ma montre, les cailloux, ma montre, la carte, « Corinne la forme revient ? »…., je me renseigne de la forme de chacune. Je préviens Corinne que finalement, nous allons redescendre et ne pas prendre de risque.

Coup de théâtre, coup de folie, à la balise, dans un élan, je leur dis :  «  allez, on y va, on prend le risque, ça va passer, Corinne tu es bien dans les descentes !».

Nous sommes sur le plateau, nous nous mettons à courir comme des gazelles, je ne suis pas sûre de moi en orientation, il y a des chemins non cartés. Nous arrivons sur le lieu présumé de la balise, rien… pourtant ça ne peut être que là. En effet, la balise a été volée. Nous continuons pour entamer la descente : Corinne 100mètres devant et Sophie 100mètres derrière, la descente n’est pas sa tasse de thé ! Finalement, nous arrivons entières en bas pour poinçonner la balise obligatoire. Je contrôle toujours ma montre, je crois que l’on est dans les temps. En plus, il ne reste plus beaucoup de dénivelé. Le plus difficile est passé. Concentration maximale sur la carte pour ne pas se tromper et on fonce avec l’aide des encouragements des autres équipes que l’on croise !

En définitive,  nous arriverons  20 minutes avant l’horaire prévu avec les balises bonus visées, nous sommes super contentes.

 

VTT (15Km sans les options) : Y, C, S  propos de Yasmin

Yasmin sait que l’orientation ne va pas être facile et qu’il faut arriver au PAC2 avant 11h04 pour valider les options, donc il n’y a pas de place pour les fautes d’orientation car elles ont décidé de prendre 2 ou 3 balises optionnelles. Ça fait deux jours qu’elles sont ensemble, elles se connaissent maintenant très bien et dans cette section elles ont profité des points forts de chacune. Sophie et Yasmin prennent un peu d’avance sur Corinne sur les montées parce qu’elles savent qu’elle les rattrapera dans les descentes. Le rythme est très bon et constant. Elles prennent sans difficulté les deux balises optionnelles, mais jardinent pour la troisième. Elles rencontrent les garçons de Raid up, mais ils cherchent une autre balise. Elles reviennent sur le chemin principal et Yasmin s’aperçoit que la balise est à 200 mètres, mais sur un chemin peu praticable et préfère partir pour ne pas arriver en retard et donc pouvoir valider les deux balises optionnelles. Une grande descente les attend, Corinne a le carton de pointage et elles avancent sans problème jusqu'à une descente très technique. Tout le monde descend du vélo sauf Corinne ! Tous les garçons sont à pied et elle double tout le monde sans problème, elle est très forte ! Malheureusement Yasmin et Sophie descendent du vélo et Corinne doit attendre. Elles arrivent au PAC 2 avec vingt minutes d’avance et Yasmin est inconsolable car elles auraient pu prendre la dernière balise optionnelle….

 

VTT (15 Km) : V, Y, C

Corinne commence à fatiguer, depuis le matin elle a tout fait. Mais elle ne se plaint pas, elle fait son plus grand effort, souffre, saigne du nez mais continue. Corinne à l’énorme qualité de la ténacité et du travail en équipe, chapeau Corinne ! Il n’y a pas beaucoup de personnes comme toi. A ce moment de la course on est très fières de Corinne et de notre équipe. Valérie fait l’orientation sur cette partie, qui n’est pas facile à cause de tous les chemins qui ne sont pas cartés. Comme la course est au Km et pas au temps alors les garçons de Raid-Up nous proposent de faire la section ensemble, c’est sympa ! On arrive au Stade de Mosson à Montpellier, on a faim ! L’équipe va déjeuner dans le stade de la Coupe du monde 98 !  Pour traverser Montpellier et arriver dans le centre ville, l’organisation a prévu un transfert en Tramway. Nous trouvons cela super sympa, ça nous permet de discuter avec les autres équipes. Mais après une heure d’attente dans le train, l’organisation nous dit de descendre et de revenir au stade : la partie de course à pied dans Montpellier à coté de la rivière est annulée. Yasmin, Sophie et Valérie ont mal aux jambes, mais elles sont déçues de ne pas faire cette section. Valérie et Corinne ont donc terminé le raid. Olivier vient nous chercher et nous emmène au départ du kayak. C’est la dernière section ! Raid up au Féminin va finir le parcours de la Translanguedoc !

 

 

 

Kayak (8km) : Y, S

Sophie et Yasmin enfilent les gilets et partent pour 8 Km de kayak chronométré. Les 3 premiers Km se déroulent sur un petit canal. Puis une fois sur la mer elles ont peur de se renverser, les vagues sont énormes ! Elles avancent petit à petit, apprécient beaucoup les sensations du kayak et après plus d’une heure aperçoivent enfin l’arrivée. Finalement elles arrivent, tout le reste de l’équipe les attend avec impatience, on prend des photos, on saute, on est heureuses ! Nous avons envie de mettre Oliver à l’eau. Son aide et ses conseils ont été très appréciables, mais Sophie et Yasmin prennent froid et abandonnent l’idée. La journée est donc terminée, il ne leur reste plus qu’à prendre une douche, aller dîner et fêter la réussite totale !

 

Résultat final : 16ème au classement scratch avec 231.7km parcourus

 

Impressions générales:

Corinne : « Ce raid a été à la hauteur de mes espérances. Je rêvais depuis longtemps de faire un raid avec une équipe féminine. Pour une première, on ne peut pas faire mieux. Je n'étais pas préparée suffisamment pour les bosses, je n'avais pas mon VTT.... Peu importe!!! Je n'ai finalement pas perdu au change avec le super VTT de Valérie. On a pu s'organiser efficacement  avec les points forts de chacune,  s'entraider, avec un bon esprit d'équipe. Le bon niveau d'orientation de Valérie et Yasmin a permis de se concentrer sur l'effort et le plaisir de la course. On était vraiment soutenue par toutes les équipes: c'est vraiment génial!!! Et un podium tous les soirs, je n'ai pas l'habitude!!! Il ne me reste plus qu'à me mettre à la CO, pour pouvoir aider encore plus l'équipe. Qui sait, une Transmassif à quatre filles, meilleures les unes que les autres, pourquoi pas? En tout cas, c'est possible!

Merci les filles de m'avoir donnée la chance de courir avec vous et de prendre plaisir à chaque instant du raid. »

 

Valérie : « pour une première expérience des raids longs : trois jours, je garde un souvenir inoubliable. Nous avons été baigné dans une ambiance magique, partageant sans beaucoup de repos nos joies, nos peines, nos moments de fatigue, de solidarité, de risques, d’enthousiasme, d’émerveillement au sein de notre équipe et au milieu des raideurs et organisateurs. Je suis fière et agréablement surprise de ce que notre équipe a été capable de faire en orientation et grâce à un bon niveau dans l’ensemble des disciplines, pour notre équipe qui était très homogène. Nous avons pu suivre le raid comme toutes les autres équipes et obtenir un classement honorable. Notre objectif de montrer que les femmes sont capables de se confronter aux mêmes terrains de jeu que les hommes est atteint. Je suis prête à renouveler cette expérience et à aller plus loin en engageant une équipe femme sur la Transmassif l’an prochain et être encore plus performante. J’espère que nous donnerons envie à d’autres femmes de monter des équipes.

Un grand merci à Corinne, Sophie, Yasmin et Olivier, ainsi qu’à nos partenaires pour leur confiance et leur soutien sur cet événement. »

 

 

Merci à tous et à l’année prochaine !!!!!