Compte Rendu du Raid des Maures 2005 – Nathalie Tarnaud Laude Philippe

 

Nous arrivons le vendredi soir au Hameau de la Mourre après quelques 8 heures de voiture, les Maures ça commence comme ça et ça se mérite. Mais dès notre arrivée l’accueil chaleureux de François le responsable de l’organisation nous fait oublier la route. Un toast de tapenade ou de crème de chèvre, un verre de jus de fruit bio ou un verre de rosé et nous enfourchons nos vélos pour rejoindre le bivouac situé a quelques kilomètres au fonds d’une vallée sauvage. La soirée est calme rythmée par le montage des tentes, les derniers réglages de bâtons et le dîner. Nous retrouvons, comme chaque année les fidèles du raid, organisateurs dont Jacques, Philippe, Didier, Patrick, etc.…et quelques concurrents à l’allure bien connue : Courchevel Aventure, une équipe de DSA perdue comme nous à l’autre bout de la région PACA, des fidèles d’OK Aventure, … Résolument cette course séduit et fidélise un vrai noyau de raideurs autour d’une équipe de passionnés du massif.

Cette année 25 équipes ont fait le déplacement, principalement depuis les Alpes et le Sud.

 

Samedi 8H briefing, il faut prendre des notes car une mauvaise sortie de rivière vous assure un passage « sanglier » de plusieurs centaines de mètre sous les ronces.

9H00, premiers départs échelonnés, ça commence fort avec 200m+ pour atteindre la crête puis descente dans les genêts et remontée sur 75m+ jusqu a la balise 1. Apres une descente dans des terrains difficiles rocailleux, glissants et malmenés par les feux de 2003 nous rejoignons la première rivière déjà couverts de suie. Cette année l’eau manque et la première rivière donne le ton du raid. Le raid sera sec sec. Nous remontons cette rivière sans eau avec de beaux rochers à escalader. La chaleur commence à se faire sentir. Montées et descentes de +150/-150 alternent. Pendant ce temps là l’air de rien… le soleil monte.

L’organisation, tenant au principe d’autonomie, n’indique qu’un point d’eau sur la journée… au début du parcours. En milieu de journée, nous trouvons un puits et sous le regard dubitatif de Patrick, le photographe de l’épreuve, faisons le plein en ajoutant quelques pastilles. Cette eau nous permettra de poursuivre le parcours intégral et d’aller chercher 2 balises excentrées que beaucoup d’équipes lâcheront. Malgré ce puits miraculeux nous ramasserons sur la journée, en plus des balises, un sérieux coup de chaud et finiront à la limite de l’insolation. On remercie d’ailleurs les traceurs et leur +300 – 300 entre midi et 14h en plein soleil. Il devait faire à peu près 33°…

Après les conditions, le terrain nous rappelle où nous sommes. Végétation aggressive ! ! ! ils disent, nos jambes confirment en sortant de la balise 8. Après 15h, l’esprit n’est plus très clair et nous mettons plus d’une heure à chercher sur une carte IGN les chemins cartés mais disparus et les nouvelles pistes ouvertes mais non cartées… Difficile de « s’appuyer sur l’existant» selon la formule consacrée de François, notre organisateur de choc. Sur le chemin, nous croisons alors Courchevel qui revient de la 10. Après la balise 10, une coupe avisée de Philippe (pour une fois très inspiré par le massif) nous amène rapidement au PC04 à l’entrée de la dernière rivière en moins de 20 minutes.

Nos amis de Courchevel mettront plus d’une heure à retrouver le PC04. Au milieu du massif tout finit par se ressembler au bout de 7 heures de course. La fin du parcours se déroule sans erreur avec les encouragements de Philippe (un autre organisateur) que nous retrouvons au PC05 en sortie de rivière vaillamment installé sur son hamac avec des bouteilles d’eau a ses pieds. La chaleur a convaincu les organisateurs qu’un ravitaillement s’imposait cette année. Nous finissons cette première journée en 9H26 de course avec toutes les balises, plus de 1600+ 40 Kms dans les jambes et un sérieux coup de chaud qui fera effet le lendemain. Ce soir nous finissons 4eme scratch et 2eme mixte devant de très grosses équipes, nous sommes ravis.

Dimanche lever 2H45, petit déjeuner et départ à 3H30 pour une courte épreuve de CO avec toutefois 300+ et 3 balises. Il fait nuit, le départ est donné au pied d’une montée raide vers la crête et la balise 1. Nous longeons ensuite une crête avec des passages de rochers faciles. Il est 4H40 et de là haut on aperçoit la baie de Saint Tropez. Paysage grandiose qui fait oublier la fatigue et l’heure indue. La fraîcheur se mérite …

Apres 1H40 de CO nous enfourchons nos VTT et partons pour 40 Kms et 2200+. Si la première partie est plutôt roulante, la seconde partie est extrêmement technique pierreuse et glissante avec des ornières, tout le cocktail des terrains difficiles des Maures. Philippe oriente  bien et guide certaines équipes plus hésitantes. Mais la fatigue et le coup de chaud du 1er jour se font sentir, les terrains trop techniques pour moi rendent notre progression plus lente, nous décidons de ne pas aller tout chercher. Seules les équipes locales ou familières de ces terrains feront le parcours complet dans des temps convenables. En parlant avec nos amis de Courchevel on apprend que le tarif syndical de l’entraînement à vélo c’est 1000+…un autre monde.

A la fin de la seconde journée, notre 12ème place au scratch /25 et notre 3ème place en mixte/6 nous donne entière satisfaction.

 

Au bilan du WE, une course magnifique dans un endroit magique, une convivialité jamais égalée sur aucun raid, une équipe d’organisation extraordinaire, soudée et bien rodée avec ses  15 éditions.

Faire découvrir et partager leur massif est leur passion, nous y retournons l’an prochain.

 

Avis aux amateurs de gros efforts, de convivialité, de simplicité et d’authenticité.