CR : 24 VTT des Crapauds en solo
Metz
Les 24h VTT des Crapauds en solo ... Je me disais qu'après l'UTMB, les 48h dans les Vosges, le Valence-Gap, etc, ça devrait être sympa. L’idée me trottait dans la tête depuis 2002 où je l’avais fait en équipe avec RaidUp. Bon, c'est vrai que c'est sympa, et que je vais en garder des bons souvenirs, mais c'est quand même bien 'grave' comme plan ! ;-)
Petit retour en arrière :
Samedi 15h, la ligne de départ façon 24h du Mans, avec environ 600 VTT alignés (110 dans la catégorie solo). C'est beau. C'est parti, ça va vite, car vaut mieux faire les premiers kilomètres devant (40-50e) pour ne pas trop bouchonner, et limiter le risque de chute. Je ralentis comme prévu à partir du milieu du tour, pour entrer dans une loooooooonnnnnnngue phase d’endurance.
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Le premier tour ... |
Tour 1: 15km, 1h, 120e, 15e solo, tout va bien. Les plus dangereux, ce sont les premiers tours, et je découvre que paradoxalement ce n’est pas le tout premier, mais le 2e et le 3e, car alors que j’entame mon 2e, les furieux qui déboulent de l’arrière, tout frais, entament eux leur 1er, très énervés ! Bref, je passe les 4 premières heures avec les yeux dans les rétros, pour éviter les collisions. Les 5 premiers tours se passent donc bien, réguliers 1h/tour, classement stable autour de 15e je dirais.
A partir du 6e tour : Il pleut ... enfin ! Certes j’avais acheté 2 bons Continental Vapor 2.1, confortables et fiables, mais utilisables uniquement par temps sec. Par chance, j’avais aussi emprunté chez AVELO deux Maxxis Medusa 1.8, que je me suis empressé de monter le samedi matin avant le départ, vu la couleur du ciel. Pas super faciles à diriger sur le sec, mais très efficaces dans la boue, ce choix s’avère rapidement être bon. Et comme par magie, tout en gardant le même rythme, je me mets à dépasser plein de pilotes (en équipe) ... beaucoup de boue, d’herbe mouillée, de roche lisse, c’est Holiday on Ice, avec des images amusantes de dévers où les gars glissent des 2 roues en même temps perpendiculairement à la trajectoire du chemin…
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un peu plus tard ... un peu moins propre ... |
Environ 7h de course, CRAC ! Le dérailleur arrière (neuf ...) explose complètement. Heureusement, je suis à 500 mètre de l’arrivée, que je rejoins en trottinant. C’est à mes assistants, Laurent et mon père, de jouer. Quelle efficacité ! Tout est réparé, je regarde le polar, à peine 20 minutes ont été nécessaires pour trouver et monter le dérailleur avec cette pluie et cette boue, c’est rien ! Je repars remonté à bloc, d’autant plus que la pluie s’est arrêtée et que les jambes tournent bien. Et là, ça devient bon, car la boue sèche très vite, et au moins 1 pilote sur 2 se retrouve avec des VTT de 25 kilos dont les 2 roues se bloquent tous les 10m ! Je continue tranquille et Laurent m'annonce que je suis passé 5e, il me conseille alors d’aller moins vite, car ma progression est un peu trop rapide par rapport à nos plans. Il a raison, mais je conserve tout de même ce petit rythme toute la nuit.
Après 12h de course, je suis surpris de voir, en particulier par rapport au trail, à quel point le manque de sommeil est préjudiciable en VTT. Sur ce terrain boueux, il y a très peu de répis, et chaque seconde d’inattention peut être fatale (environ 10 chutes pour moi sur les 24h, dont 2 'bonnes'). Je me rends compte que je manque de lucidité. Je m’alimente rapidement et efficacement grâce aux sandwiches de Vittoria entre autres ! Rien n’y fait, le manque de lucidité ne vient pas de l’alimentation mais bien du sommeil. Je suis sur le point de m’arrêter pour une sieste, mais décide au dernier moment de continuer et de voir plus tard.
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l'équipe au complet ! |
Malheureusement, le tour suivant sera catastrophique car je casse un 2e dérailleur au petit matin... 15h de course, je suis au plus bas. Laurent se surpasse à nouveau, et en plus me remonte sacrement le moral. A ce stade je ne suis pas très clair. Il le voit bien et me conseille vivement de me reposer une demi-heure, ce que je fais (j ai l impression que ça a duré 2 minutes) après avoir avalé une bonne soupe bien chaude. Le réveil est difficile, je suis gelé, mais encore un miracle, Laurent m’annonce que je suis toujours 3e ou 4e, car les autres aussi se seraient arrêtés! Je repars donc bien motivé, toujours avec de bonnes jambes. Il s’avère en fait que je suis 2e avec 1 tour (à peu près 1h à ce stade de la course) de retard sur le 1er et 1 tour d’avance sur le 3e. Il est temps de gérer avec prudence, car il est très facile de perdre 20 minutes par tour sur quelqu’un de plus frais. Une impression bizarre de course presque terminée plane, alors qu’il reste encore 6h de VTT ! Chaque tour qui passe me simplifie la tâche, mais je dois rester super vigilent. Ces quelques heures sont étranges: à la fois difficiles physiquement (dos, bras, épaules principalement), comme à la fin de chaque long raid, mais finalement faciles mentalement car toute l’attention et la concentration se focalisent sur la conservation de la 2e place, mais aussi pour ne pas décevoir ceux qui m’ont soutenu. Ne pas tomber, casser, ou crever, c’est le plus important. 4 ou 5 heures à tenir sans gâcher les 20 premières, et enfin concrétiser. Je ne peux m’empêcher de penser pendant une seconde à mes diverses mésaventures du Valence Gap, Raid28, Touquet, etc, ou un petit détail a souvent tout fait chavirer. Cette fois ça n’arrivera pas, tout se passera heureusement comme prévu. |
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Vraiment envie d'aller dormir, maintenant ... |
J’ai fait l’avant dernier tour avec le premier, le ‘Ver Solitaire’, bien sympathique. Habitué de ce type d’effort (vainqueur en 2004), il fait aussi quelques raids multi. Il me raconte sa course: à son actif, 1 dérailleur arrière et un levier de frein ! Pas mal. Comme en raid, dans ce genre de course, rien n’est joué avant d’avoir passé la ligne. On était apparemment une dizaine à avoir les jambes qui permettent de gagner (indispensable évidemment). Lui et moi tombons d’accord sur ce qui a fait la différence : 1/ l’assistance, primordiale sur ce type de course, 2/ le choix des pneus, 3/ la gestion de la longue endurance et du sommeil. La mienne n’a pas été top : j aurais du m’arrêter plus tôt. Ceux qui se sont mieux reposés pendant la nuit (3 ou 4h) font leur 5 derniers tours en 1h05 en moyenne, contre 1h30 pour le premier et moi. Un delta de 25 minutes par tour, qui ne viennent que de la lucidité. Eux se sont arrêtés trop longtemps certes (et heureusement !), mais 2 arrêts de 45 minutes vers minuit et 6h doivent être très efficaces. Enfin, il est évident qu’il vaut mieux se positionner rapidement (après 6 ou 8h de course) à l’avant pour faire la course en tête, et gérer après tant bien que mal. En effet, à moins d’être très fort mentalement, il est beaucoup plus simple, après un gros pépin, de se re-motiver en repartant 4e ou 5e, qu’en partant 10 ou 15e, même si le physique est un peu plus entamé. Ensuite la motivation suffit à se surpasser.
Le bilan : environ 23h30 sur le vélo, pour 225 kilomètres dans la boue (à peu près 4000D+) et 2 dérailleurs pour une deuxième place !!! Ouf, ça, c’est fait ! Des idées pour la suite ? |
Joel