Compte rendu de la Grande Traversée du Jura en VTT par Laurent et Pierre
Apres quelques coups de fil de préparation, nous décidons de partir Laurent et moi sur la Grande traversée du Jura du 16 au 19 Août entre Montbéliard et Hauteville-Lompnes dans le Bugey. Le parcours balisé est long de 380 km et est constitué à 40% de route, 30% de chemin, et 30% de sentier comme l’indique notre topo guide de la GTJ des éditions chamina.. Laurent finissant la Grande Traversée du Massif central (avec M. Fourny et S. Rouquier) le 15 Août, et moi devant être rentré en Normandie pour le Vendredi soir 19, nous avons 4 jours pour réaliser notre traversée. Nous avons décidé de ne pas camper et de loger dans des gîtes. Cela doit nous permettre de rouler léger ! (Laurent le sera).
Nous nous rejoignons le 15 Août au soir à l’hôtel Formule 1 de Sochaux, proche du stade Bonal et pas très loin de la gare SNCF. J’arrive en début de soirée de Normandie et Laurent de Montpellier vers 2 h du matin.
Nous dévalisons le petit déjeuné du formule 1 et partons pour le départ à environ 15 km de Sochaux. Nous traversons l’agglomération de Montbéliard par un temps gris qui rend cette succession de petites villes bien tristes. Nous arrivons au départ officiel de la GTJ vers 10h. Nous avons au programme une journée qui ne se veut pas trop dure avec environ 80 km de GTJ plus les 15 km de liaisons entre Montbéliard et le départ à Mandeure.
Le parcours de cette première journée même si nous ne sommes pas en altitude est pas mal accidenté. Nous oscillons entre 300 et 800 m d’altitude entre prairies et forets. Globalement les chemins et sentiers sont secs, mais il y a quand même quelques passages boueux. Nous roulons sous un ciel mitigé le matin. Le temps décide ensuite de s’éclaircir vers midi.
Nous arrivons après deux bonnes montées de 5-6 km à ST Hippolyte trop tard pour pouvoir acheter à manger. Il faudra faire avec les barres et gels même si nous avons très faim. Nous ré-attaquons donc une autre cote, celle ci de 7.5 km le ventre vide. Je paie cela en fin de cote, et je laisse partir Laurent vers le sommet. Je me dis qu’il y aura d’autres cotes, et cette fois je ferai attention à bien manger. Apres la traversée du plateau de Maiches, nous replongeons dans la vallée du Doubs et sur le village de Goumois. Il est environ 16h, et nous n’avons toujours pas mangé de nourriture solide.
Nous nous arrêtons pour faire quelques courses pour le repas du soir, (saucisse de Morteau et pâtes) et nous décidons en même temps de manger sandwich, saucisse fumée, pain et autre boisson gazeuses. J’ai l’impression que mon ventre va éclater. Laurent ajoutera aussi un paquet de cookies et un Mars(12 ou 16 à lui tout seul). Je me demande ou il les met. Nous repartons alors pour une bonne trotte de 2 h 30 avec un passage en Suisse dans les gorges du Doubs avec de bonnes montées (650 m positif). Je me sens beaucoup mieux maintenant que j’ai mangé et je pousse un peu la machine dans les cotes alors que Laurent est à l’agonie à cause de sa gourmandise sans limite. Nous arrivons finalement vers 18 h 30 19 h à notre gîte d’étape qui ressemble à une ancienne école. Le gîte est ouvert, personne à l’horizon. Nous sommes les seuls randonneurs ce jour la. Nous profitons de la fin de journée pour admirer le décor dans lequel nous sommes (800 m d’altitude sur un plateau avec vue sur le Jura suisse). Bilan de la journée, environ 100 km pour 2100 m de positif, donc une bonne journée pour commencer.
Le lendemain promet d’être une longue étape (140km), et nous décidons de bien profiter de la nuit. Vu la longueur de l’étape, nous décidons de partir tôt (7 h 45 je crois) après avoir laissé nos 6 € chacun pour la nuitée dans une boite. Nous restons sur le plateau de Maiches et faisons des kilomètres assez faciles dans les prairies d’altitude, puis retrouvons le chemin en Balcon des gorges du Doubs (avec peu de vues je précise).
Nous pourrons admirer le Saut du Doubs et les bassins du Doubs avant d’arriver à Morteau après 35 km. Même s’il est tôt, 10 h 30, nous décidons de nous arrêter pour manger (Tourte énorme et tarte aux myrtilles pour moi et sandwich et pâtisseries pour Laurent). A Morteau, nous avons la possibilité de prendre une option qui rallonge de 10 km par le Grands Monts. Laurent me dit que je suis un taré et qu’il est hors de question de rajouter 10 km et du dénivelé à une étape de 130 bornes, et que si nous prenons la variante nous dormirons avant le gîte prévu près de Mouthe. Je dis d’accord, mais nous verrons dans l’après midi ou nous en sommes.
La variante s’avère de toute beauté avec ses plateaux d’altitudes et ses énormes fermes typiques du Doubs pour la plupart restaurées avec goût. En plus la météo est superbe. Nous en profitons donc bien. Nous arrivons à Pontarlier plus tôt que prévu, 14 h 25, et décidons de se racheter à manger et à boire. Nous nous apercevons aussi que nous avons déjà fait 80 km, et que nous avons encore 5h de jour pour arriver. Nous décidons d’y aller. La section après Pontarlier est difficile mais très jolie, avec deux grosses montées ou il faut pousser, mais avec une superbe descente près du Fort de Larmont et du château de Joux. Il nous reste alors après cette section 12 km pour rejoindre Métabief .
De là, il est possible de prendre une variante par les cimes en prenant un télésiège ou pas. J’ai très envie de faire la variante car celle ci offre des vues superbes sur toutes les alpes du massif du Mont blanc jusqu ‘à l’Oberland Bernois et la Jungfrau et l’Eiger, mais il nous faut arriver à temps avant la fermeture du télésiège.
Nous attaquons donc la section et bouclons en 45 minutes les 12 km avant la fermeture. Arrivés la bas nous nous demandons si nous ne devrions pas quand même monter en vélo, mais nous pensons que nous en aurons fait assez pour la journée et prenons le télésiège. Les vues en haut du Morond, et ensuite du Mont d’or sont superbes, et en effet, on a une vue sur une bonne partie des Alpes.
Le sentier est ensuite à profil descendant pour rejoindre l’itinéraire classique et je me régale dans ces descentes parfois un peu techniques. Laurent cependant doit faire attention car il a décelé une fissure dans son cadre au niveau de l’intersection du tube de selle et du tube horizontal. Nous arrivons à Mouthe vers 19 h 10 pour nous apercevoir que le seul supermarché du village est fermé depuis 10 minutes. Nous ne pouvons pas nous acheter à manger pour le soir. Il ne reste donc plus qu’à dîner dans un resto. Heureusement nous en repérons deux. Une Pizzeria, et un pub Irlandais (pas très jurassien tout ça), mais finalement, le pub Irlandais fait de belles assiettes jurassiennes et nous repartons après avoir bien mangé. Il commence à faire nuit, et il nous reste encore 6 km à faire sur la route pour atteindre notre gîte. Il se trouve dans un petit village sur un plateau et encore une fois nous sommes les seuls randonneurs présents ce soir la. Il est très confortable et plutot grand. Celui ci est surtout utilisé l’hiver par les skieurs de fond.
Au final, nous aurons fait environ 140 km ce jour la, pour 2150 m de positif. La journée aura été longue mais moins dure que prévue, grâce au beau temps.
Pour le troisième jour, nous repartons le ventre vide jusqu’à Foncine le Haut pour d’abord prendre un bon petit-déjeuner, et rejoindre notre chemin à travers le Haut Jura. Cette étape sera un peu plus courte que la veille, avec seulement !!! 105 km et 1990 m de dénivelée positive. Apres un bon ravitaillement, (sandwich, pâtisseries yaourts), nous partons en direction des rousses et traversons de grandes forêts qui abritent encore une faune rare de tétras pas exemple. Nous espérons que la fissure vue sur le vélo de Laurent ne va pas trop s’agrandir. Nous roulons donc tranquillement sur de larges pistes utilisées pour le ski de Fond l’hiver. Nous sommes dans la mecque du ski nordique en France. Ce trajet jusqu ‘aux Rousses me semble un peu monotone, car nous sommes principalement sur de grandes pistes forestières, et nous n’avons que finalement peu de belles vues. Apres les Rousses le chemin devient plus technique, et plus vallonné jusqu'à Lajoux. Nous sommes toujours principalement en foret dont la fameuse foret du Massacre. Apres Lajoux et jusqu’à la Pesse, le paysage redevient plus spectaculaire puisque nous cheminons à découvert dans de grandes prairies, avec vue sur le grand Crêt. Cette section me plait beaucoup, car les vues sont belles, et les chemins variés. La section entre La Pesse et Giron sera à mon avis une des plus belle. D’abord une longue montée pour arriver à un belvédère ou la vue est superbe sur le Cret de la Neige au loin, et le Crêt Chalain plus près. Vient ensuite une traversée en forêt (avec cueillette de fruits) avant l’arrivée sur de superbes reculées et Giron. Un paysage magnifique et en plus sous le soleil. Pour le soir, nous optons pour un gîte « luxueux » puisque nous avons une chambre séparée et que nous prendrons le repas au gîte le soir.
Au matin du dernier jour, nous constatons que la fissure sur le vélo de Laurent s’est agrandie. Laurent pour sa sécurité décide donc de prendre un maximum de route afin d’arriver au bout, alors que je ferai les sections normalement. Cette étape à travers le Haut Bugey est aussi intéressante, et vaut le coup d’être dans la grande traversée du Jura même si le Bugey n’est plus réellement le Jura. Cette section que je pensais tranquille fait tout de même 86 km (avec la transition vers la gare la plus proche de l’arrivée), et 1590 m de positif. Nous n’arriverons qu’en milieux d’après midi pour prendre nos train respectifs. Cette section vaut surtout pour les belles descentes, sur St Germain de Joux, et sur les Plans d’Hotonnes le haut lieux du Biathlon Français, et les belles vues sur les Alpes du crêt du Nu. Une belle étape encore une fois, qui se termine bien puisque le vélo de Laurent aura tenu jusqu’au bout.
En résumé, je garderai un super souvenir de cette traversée qui aurait je pense mériter qu’on s’attarde parfois un peu plus sur certains lieux. Une traversée que je recommande donc plus que vivement à tous ceux qui liront ce compte rendu, peut être en prenant un ou deux jours de plus.
Bravo et merci à Laurent d’être venu m’accompagner sur ce périple au lendemain de sa traversée du Massif Central.
En espérant que cela vous donnera des idées !!
Pierre Ouagne